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L’expérimentation du Cannabis thérapeutique en France
Le cannabis sur ordonnance
« C’est le rôle de la médecine que de combattre les maladies et de soulager les douleurs. » C’est par ces quelques mots qu’Olivier Véran, ministre de la Santé, donnait le 26 mars 2021 le feu vert à l’expérimentation en France du cannabis « à des fins médicales, pour ainsi mieux accompagner des milliers de patients qui affrontent des pathologies lourdes. » Un lancement marqué par la toute première prescription de cannabis à un patient du CHU de Clermont-Ferrand. A terme, l’idée est de juger l’opportunité de généraliser dans le pays l’usage des médicaments à base de cannabis. « L’objectif principal de cette expérimentation sera d’évaluer, en situation réelle, le circuit de prescription et de délivrance du cannabis ainsi que l’adhésion des professionnels de santé et des patients. Son objectif secondaire sera de recueillir des premières données françaises d’efficacité et de sécurité », précisait l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en 2019. Après avoir été retardé plusieurs fois, en partie à cause du Covid, le projet est enfin sur les rails. On fait le point.
3000 patients concernés
Quel est le point commun entre l’Allemagne, la Norvège, la Lituanie, le Chili ou le Royaume-Uni ? Ils font partie des nombreux pays chez qui le cannabis thérapeutique est une réalité. La littérature scientifique étayant l’intérêt du cannabis dans le traitement de certaines pathologies, une demande grandissante de patients et de médecins, tous ces éléments ont nourri la réflexion du gouvernement français. Jusqu’à donner le top départ de cette expérimentation. En France, 3000 patients souffrant de maladies graves vont se voir prescrire du cannabis dans les deux ans à venir.
5 indications retenues
Cette prescription sera très encadrée. Elle sera autorisée uniquement pour 5 indications : les douleurs neuropathiques, certaines formes d’épilepsie sévères, certains symptômes rebelles en oncologie liés au cancer ou à ses traitements, les soins palliatifs et certaines maladies du système nerveux central comme la sclérose en plaques. Mais seulement en cas de soulagement insuffisant ou d’une mauvaise tolérance avec les traitements déjà existants. Le cannabis sera contre-indiqué pour les patients atteints par des maladies cardiovasculaires, ainsi que pour ceux souffrant de psychose ou de schizophrénie. 215 structures de référence, dans 170 hôpitaux, ont été sélectionnées par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Les médecins de ces centres peuvent proposer à certains de leurs patients de participer à l’expérimentation. A l’inverse, les patients suivis au sein de ces structures pourront demander à leur médecin d’y participer. Ils pourront aussi être adressés par leur médecin traitant.
Le parcours patient
Une fois inclus, les patients seront suivis tout au long de l’expérimentation par des professionnels de santé, médecins prescripteurs et pharmaciens dispensant les médicaments à base de cannabis médical, préalablement formés. La prescription initiale sera réservée à des spécialistes (neurologues, cancérologues…), à l’hôpital. Le renouvellement pourra être fait par le médecin traitant. Le consentement de chaque patient est évidemment obligatoire au démarrage de l’expérimentation. A tout moment, il sera libre d’interrompre son traitement s’il le souhaite. Pas seul, ni brutalement, pour ne pas mettre sa santé en péril. Mais accompagné par son médecin.
Huile, et fleurs séchées
Pas question de fumer des joints sur un lit d’hôpital ! Le forme à fumer de la plante a en effet été exclue du protocole. Les traitements seront délivrés sur ordonnance, sous forme d’huile à placer sous la langue, ou de fleurs séchées, à vaporiser, puis à inhaler. Les médicaments seront plus ou moins dosés en molécules actives, tétrahydrocannabinol (THC) et cannabidiol (CBD).
Et la suite ?
Un rapport au Parlement est prévu six mois avant la fin de l’expérimentation afin d’envisager la suite à donner à cette expérimentation. Et répondre à deux questions : la généralisation de l’utilisation du cannabis médical est-elle possible ? Et si oui, dans quelles conditions ? Rendez-vous dans quelques mois pour avoir les réponses…
Commentaires
hyperacousie
Par :LUIZ MARCIA Le 11/10/2022mon fils souffre d'hyperacousie depuis 2017, le cannabis pourrait-il l'aider ?
Merci
Répondu par : Marie S Le 04/11/2022